Génération Cinq

Genre et Relations Internationales

Réfléchir au leadership féminin 25 ans après la Résolution 1325

Dans le cadre d’une série de panels consacrés aux parcours et au leadership des femmes dans différents secteurs, Génération Cinq a organisé le 20 janvier dernier, en collaboration avec ONU Femmes UdeM, une rencontre panel et réseautage à l’Université de Montréal autour du thème de la carrière et du leadership des femmes en relations internationales. Retour sur ce temps fort de notre association.

Retour sur notre conférence-réseautage

L’événement, organisé à l’occasion du 25e anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, texte fondateur de l’agenda Femmes, Paix et Sécurité a réuni trois intervenantes aux parcours complémentaires : 

  • Emma Donnaint, doctorante en science politique à l’Université de Montréal et chercheuse au CÉRIUM, 
  • Emmanuelle Lajoie, chargée de programme et spécialiste genre et inclusion chez Humanité & Inclusion, 
  • ainsi que Mélanie Coutu, spécialiste des enjeux de genre dans les situations d’urgence à CARE.

À travers leurs expériences professionnelles et académiques, les panélistes ont proposé une réflexion sur la place des femmes dans les domaines liés aux relations internationales, à la paix et à la sécurité.

Photo de groupe de l’évènement avec les intervenantes, les membres de Génération Cinq, d’ONU Femmes UdeM et les participantes.

Une résolution fondatrice pour l’agenda Femmes, Paix et Sécurité

Adoptée en 2000 par le Conseil de sécurité des Nations unies, la Résolution 1325 marque un tournant important dans la reconnaissance du rôle des femmes dans la prévention et la résolution des conflits.

Comme l’a expliqué Emma Donnaint, cette résolution repose sur plusieurs piliers, notamment la participation des femmes aux processus décisionnels, leur protection dans les contextes de conflit et la prise en compte des enjeux de genre dans les politiques de sécurité.

L’ambition était notamment de reconnaître les femmes non seulement comme des victimes des conflits armés, mais aussi comme des actrices essentielles des processus de paix et de reconstruction.

Au fil des années, ce cadre normatif a inspiré de nombreuses initiatives visant à renforcer la participation des femmes dans les processus de paix et les institutions liées à la sécurité. Selon des analyses relayées notamment par ONU Femmes, la participation des femmes aux négociations contribue également à renforcer la durabilité des accords de paix : lorsque des femmes prennent part aux processus de négociation, les accords ont jusqu’à 35 % plus de chances de durer au moins quinze ans.

Des limites persistantes dans la mise en oeuvre

Les discussions ont également mis en lumière certaines limites dans la mise en œuvre de l’agenda Femmes, Paix et Sécurité issu de la résolution 1325 des Nations Unies.

Emmanuelle Lajoie a notamment insisté sur la nécessité d’adopter une approche plus inclusive et intersectionnelle lorsqu’on parle de participation des femmes. Elle a attiré l’attention sur la situation des femmes en situation de handicap, qui demeurent encore largement sous-représentées dans les espaces décisionnels. Selon plusieurs analyses relayées par ONU Femmes, les femmes représentent encore moins de 20 % des négociateurs dans les processus de paix depuis les années 1990, ce qui illustre les obstacles persistants à leur participation.

Selon Emmanuelle Lajoie, les femmes en situation de handicap sont particulièrement touchées par ces dynamiques d’exclusion. Elles ont longtemps été marginalisées à la fois dans les mouvements féministes et dans les initiatives liées au handicap, ce qui limite encore aujourd’hui leur représentation dans les espaces de décision.

Panel de discussion. De gauche à droite : Gabrielle Goyet (modératrice), Mélanie Coutu, Emma Donnaint, et Emmanuelle Lajoie.

Au-delà de la question de l’inclusion, les intervenantes ont également souligné que la présence des femmes dans les processus de décision ne suffit pas à elle seule. Pour qu’un véritable changement s’opère, il est essentiel que cette participation s’accompagne d’un réel pouvoir d’influence dans les orientations politiques et stratégiques.

Ces constats mettent en lumière certaines lacunes dans l’application concrète de la Résolution 1325 et rappellent que la promotion d’une paix inclusive passe aussi par une transformation plus large des structures de pouvoir qui façonnent les institutions internationales.

Le rôle des jeunesses et des alliances

Malgré ce tableau préoccupant, les intervenantes ont également insisté sur l’importance de maintenir des espaces de dialogue et de mobilisation, notamment au sein des universités.

Les jeunes générations jouent un rôle clé dans la poursuite des objectifs liés à l’agenda Femmes, Paix et Sécurité, que ce soit à travers la recherche, l’action communautaire ou l’engagement dans les organisations internationales.

En conclusion du panel, les intervenantes ont partagé quelques conseils aux étudiantes et jeunes professionnelles souhaitant s’engager dans ces enjeux  :

Emmanuelle Lajoie a encouragé les jeunes à sortir de leur zone de confort et à s’engager dans des espaces variés afin de mieux comprendre les réalités multiples qui façonnent les inégalités.

Emma Donnaint a, quant à elle, souligné l’importance du travail collectif et des collaborations, invitant les étudiants à porter attention aux voix souvent marginalisées dans les débats publics.

Dans un contexte où certains acquis sont remis en question, une panéliste a conclu sur un appel clair à la mobilisation afin de continuer à plaider pour que l’égalité reste essentielle.

La soirée s’est conclue par une période de réseautage, offrant aux participantes l’occasion de poursuivre les échanges avec les intervenantes et de réfléchir aux différentes manières de s’engager dans ces enjeux.

Cocktail réseautage avec les participantes et les intervenantes.

À l’occasion du 25e anniversaire de la résolution 1325 des Nations Unies, ce panel a ainsi constitué un espace de réflexion et de mobilisation autour des avancées réalisées, mais aussi des transformations encore nécessaires pour construire des processus de paix véritablement inclusifs.

Image de Marie-Danielle
Marie-Danielle

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