Chaque année, l’organisation féministe canadienne Fora: Network for Change tient son événement d’une journée à Toronto, le Leadership Forum. L’objectif du Forum est clair : rassembler des jeunes et des personnes plus expérimentées afin de tenir des discussions, des ateliers et des moments de réseautage authentiques pour permettre aux jeunes d’acquérir les outils et les conseils nécessaires à leur carrière, mais aussi plus largement leur engagement et leur leadership. Et le tout dans une perspective féministe et intersectionnelle !
Pour la deuxième année consécutive, j’ai eu l’occasion d’y participer et de représenter Génération Cinq. Cette année, j’ai été invitée à intervenir à titre de panéliste aux côtés de Kev Lawler, Surranna Sandy et Cristal Duncan, concernant les défis particuliers que vivent les jeunes et notamment les jeunes femmes sur le marché du travail. Cela a été l’occasion de partager plusieurs pistes et conseils à destination des jeunes dans l’audience, condensés dans cet article en 4 points.
La plupart des personnes intervenantes et panélistes étaient unanimes : le réseau est primordial dans l’obtention d’opportunités professionnelles ! Si les jeunes trouvent parfois les activités de réseautage gênantes ou transactionnelles, des professionnelles du coaching nous ont conseillé de voir ces interactions comme un échange entre deux êtres humains qui cherchent à se connaître. Même les professionnel·le·s plus expérimenté·e·s ont quelque chose à apprendre des jeunes, nous avons tout autant de choses à leur apporter, comme une vision nouvelle du secteur ou des idées novatrices.
Par ailleurs, LinkedIn peut permettre de contacter de nouvelles personnes ou de faire des suivis avec les personnes que vous avez rencontrées lors d’un événement de réseautage. La plupart des personnes intervenantes affirmaient qu’elles répondaient toujours à un message bien formulé – mais la sénatrice Farah Mohammed a bien précisé : si on vous dit non ou qu’on ne vous répond pas, passez à autre chose ! Ce n’est pas personnel.
Finalement, le mentorat est aussi une forme de réseautage et de construction de relations professionnelles qui peut être très bénéfique pour le mentoré comme pour le mentor. Alors n’hésitez pas à écrire ou parler aux personnes que vous admirez et leur demander des conseils ou de l’accompagnement.
Petite histoire, j’ai obtenu ma première vraie expérience professionnelle grâce à du bénévolat ! Je suivais depuis un moment le travail du Y des femmes de Montréal et je les ai contactées pour leur offrir mon temps pendant tout l’été entre ma première et deuxième année de bac. C’était la première ligne que j’ai mis sur mon CV !
Si vous avez du temps et que vos ressources matérielles vous le permettent, faire du bénévolat est une bonne façon d’acquérir de l’expérience et des compétences en parallèle de vos études. Cela peut également vous permettre d’avoir une meilleure idée de ce que vous aimez comme secteur et comme tâches, car c’est difficile de se faire une idée en étant encore à l’école et sans pratique. Par exemple, dans le secteur des ONGs, il y a la gestion de projet, le plaidoyer, les communications, l’évaluation, l’administration, la gestion financière, le développement de partenariats, etc.
Cela permet également de commencer à se constituer un réseau !
Plusieurs organisations canadiennes permettent aux jeunes de participer à des espaces de décision, que ce soit au niveau local, au niveau national ou même au niveau international. Pour en citer seulement quelques uns :
La United Nations Association of Canada (UNAC) ainsi que Young Diplomats of Canada (YDC) permettent également de postuler pour intégrer des délégations jeunesses aux événements internationaux organisés par la Banque Mondiale, les Nations Unies, le G7, le G20… Il s’agit d’opportunités extraordinaires d’être au cœur de la diplomatie mondiale et d’être accompagné·e sur les différentes pistes d’action pour avoir un impact sur les enjeux globaux.
Finalement, pour les jeunes basé·e·s au Québec, LOJIQ propose de nombreux stages dans les délégations générales du Québec à travers le monde, qui sont les bureaux de représentation diplomatique de la province. Une bonne opportunité d’acquérir de l’expérience et une meilleure compréhension de la diplomatie!
De nos jours, internet permet d’avoir accès à de nombreuses ressources gratuites qui permettent de développer de nouvelles compétences ou d’approfondir ses connaissances, par le biais notamment de cours en ligne. La panéliste Surranna Sandy a recommandé de se servir de l’intelligence artificielle, comme Chat GPT, pour se constituer des plans de formation sur un sujet donné. L’IA peut nous référer facilement vers les bonnes ressources et nous structurer dans notre apprentissage!
Pour conclure, le Leadership Forum rappelle à quel point la jeunesse canadienne est porteuse d’idées, d’énergie et de solutions concrètes pour transformer le monde du travail. En partageant nos expériences, nos conseils et nos parcours, nous construisons collectivement un écosystème où chaque jeune — et en particulier chaque jeune femme — peut s’épanouir, apprendre et exercer son leadership. Qu’il s’agisse de réseauter avec authenticité, de s’engager bénévolement, de siéger dans des espaces décisionnels ou de se former grâce aux outils numériques, les moyens d’agir sont multiples.
Mais au-delà des outils, c’est une attitude qu’il faut cultiver : la curiosité, la solidarité et l’audace de se positionner. Parce que bâtir un avenir plus équitable et inclusif passe aussi par le courage de prendre sa place — et d’ouvrir la voie pour les autres.
*Au Québec, le dîner fait référence au repas de midi.
Génération Cinq
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