Dans le cadre du G7 2026, Génération Cinq est signataire d’une tribune du Women 7 sur les enjeux d’égalité et de backlash anti-droits.
À trois mois du sommet du G7, présidé cette année par la France, les lignes de fracture du monde contemporain sont au cœur des discussions internationales. Sous le thème des « déséquilibres mondiaux », les États membres entendent répondre aux tensions économiques, commerciales et géopolitiques qui traversent la planète.
Mais un déséquilibre majeur reste largement sous-estimé, voire ignoré : le backlash contre les droits des femmes, des filles et des personnes 2SLGBTQIA+.
Un angle mort aux conséquences globales
Ce backlash n’est ni marginal, ni spontané. Il est structuré, financé et coordonné à l’échelle internationale. Il s’appuie sur des mouvements anti-droits, des partis politiques conservateurs, et bénéficie de relais puissants, y compris dans certains secteurs économiques et numériques.
Ses effets sont déjà visibles : restrictions des droits sexuels et reproductifs, attaques contre les personnes 2SLGBTQIA+, criminalisation des militantes et militants, campagnes de désinformation massives.
Mais au-delà de ces reculs, c’est l’ensemble des équilibres démocratiques qui est en jeu.
Partout où les organisations de la société civile sont fragilisées, l’espace civique se réduit. Les contre-pouvoirs s’effacent et les régimes autoritaires trouvent un terrain favorable pour s’imposer.
Refuser de nommer ce phénomène, c’est contribuer à son installation durable.
Les droits des femmes et des minorités de genre sont un indicateur central des politiques internationales.
Ils dessinent des lignes de fracture entre régimes politiques, structurent des alliances, et sont de plus en plus instrumentalisés dans les rapports de force internationaux.
Les analyses féministes le montrent depuis des décennies : la montée des idéologies masculinistes, la progression des extrêmes droites et la brutalisation des relations internationales sont profondément liées.
Aujourd’hui, la situation mondiale confirme ces lectures. Elle est aggravée par la désinformation et la diffusion massive de discours de haine, notamment en ligne. Face à la montée des cyberviolences ciblant en particulier les jeunes femmes, la régulation des espaces numériques devient ainsi un enjeu démocratique majeur.
Face à ces dynamiques, il ne suffit pas d’afficher des positions de principe.
Les organisations féministes, partout dans le monde, proposent des réponses concrètes : soutenir la société civile, protéger l’espace civique, financer durablement les initiatives locales, renforcer les solidarités internationales.
Ces leviers sont connus. Ils sont documentés. Mais ils restent largement sous-financés, alors même qu’ils constituent des piliers essentiels de la résilience démocratique.
Dans un contexte de crises multiples, investir dans l’égalité des genres n’est pas un choix secondaire : c’est une condition de stabilité.
La présidence française du G7 constitue un moment clé. Elle impose de clarifier les positions entre les États qui participent activement au backlash, ceux qui ferment les yeux et ceux qui s’y opposent, ne laissons plus de place aux ambiguïtés.
Le G7 lui-même est un espace ambivalent. S’il souffre d’un déficit de légitimité face aux instances multilatérales, il a néanmoins permis l’émergence d’initiatives importantes en matière d’égalité des genres. En 2019, la France y lançait notamment un fonds de soutien aux organisations féministes (FSOF), qui a permis de financer les projets de plus de 1 500 associations dans le monde.
Aujourd’hui, l’enjeu minimal est clair : empêcher tout recul.
Avec plus de 260 organisations de la société civile réunies dans le Women 7, nous appelons les États du G7 à :
L’année 2026 représente une fenêtre d’action déterminante. En 2027, la présidence du G7 sera assurée par les États-Unis, avec un risque réel de blocage des avancées.
Il est donc urgent de consolider les alliances, de renforcer les engagements et de structurer une réponse collective à la hauteur des enjeux actuels.
Le backlash ne disparaîtra pas de lui-même. Il continuera de progresser tant qu’il ne sera pas combattu frontalement. Le nommer est une première étape. Agir est désormais une nécessité.
Génération Cinq est signataire de cette tribune collective portée par le Women 7, aux côtés de 260 organisations issues de 62 pays. Retrouvez la déclaration complète ici.
À très vite pour de nouveaux engagements féministes !
Communauté de jeunes féministes francophones
Réseau de plus de 260 organisations de la société civile
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