En tant que Président du G7 pour l’année 2025, le Canada accueillera son sommet à Kananaskis, en Alberta, du 15 au 17 juin prochains. Ce sera l’occasion pour les dirigeant·e·s des Etats membres de s’entendre sur des priorités politiques, économiques et sociales communes.
Pour rappel, le G7 est constitué de l’Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l’Italie, du Royaume-Uni mais aussi de l’Union Européenne, qui participe aux discussions au titre d’invitée (SDG Knowledge Hub). Selon le gouvernement du Canada, il s’agit d’un « regroupement informel de sept économies avancées du monde » (Gouvernement du Canada) tandis que la France le définit comme un « groupe de discussion et de partenariat économique qui réunit chaque année les chefs d’Etat et de gouvernement des 7 pays parmis les plus industrialisés au monde » (Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères). Il est fréquemment soulevé que la Chine (2e pays au monde ayant le PIB le plus élevé) et l’Inde (5e) manquent à l’appel.
Cela dit, la plupart des travaux du G7 se font en réalité en amont du Sommet, à travers des groupes de mobilisation, c’est-à-dire des organismes non-gouvernementaux indépendants qui formulent des recommandations annuelles au G7. Ils contribuent à faire en sorte que les discussions du G7 reposent sur des informations fiables et tiennent compte des points de vue de divers·es intervenant·e·s issu·e·s du grand public. Ces groupes sont : le Business 7 (B7), le Civil 7 (société civile), le Labour 7 (L7), le Pride 7 (P7), le Science 7 (S7), le Think 7 (T7), le Women 7 (W7) et le Youth 7 (Y7). Dans cet article, nous nous intéresserons surtout au C7, W7 et Y7.
Selon la page officielle du G7, le C7 « réunit des délégué·e·s provenant de pays membres du G7 et de pays du Sud global. Son objectif principal est d’amplifier la voix de la société civile mondiale et de présenter des recommandations pour aborder les grands enjeux internationaux » (G7 Canada). Concrètement, le Civil 7 forme des groupes de travaux internationaux composés d’expert·e·s, d’activistes et de professionnel·le·s principalement des secteurs humanitaires et du développement international. Présidé par l’organisation Coopération Canada, les travaux du C7 ont abouti à la publication d’un communiqué, présenté le 14 et 15 avril derniers lors d’un évènement à Ottawa, articulé autour de quatre grandes priorités :
Ces recommandations ont été présentées à la « Sherpa » canadienne du G7, Cindy Termorshuizen, sous-ministre pour le Sommet et représentante personnelle du Premier ministre, qui assurera une grande partie des négociations du côté canadien en juin prochain. D’un côté, en analysant le communiqué, il est important de relever que l’égalité de genre y est mentionnée plusieurs fois et qu’une sensibilité au genre est préconisée sur divers enjeux, comme l’impact des changements climatiques ou le fossé numérique. D’un autre, le message global est clair : il ne peut y avoir de justice ou de paix dans le monde sans coopération internationale. Il est critique que les Etats du G7 utilisent cet espace pour promouvoir les droits humains, ainsi que la sécurité, la dignité et l’avenir des personnes dans le monde.
Le Women 7, quant à lui, « réunit les organisations féministes et des groupes de défense de la société civile. Son objectif est de veiller à ce que les dirigeant·e·s du G7 prennent des engagements politiques et financiers concrets qui auront un effet tangible, durable et transformateur sur la vie des femmes et des filles partout dans le monde » (G7 Canada). Le groupe a également publié un Communiqué afin d’influencer les priorités du G7 et appelle à une « action économique juste pour les genres et à une responsabilité mondiale » : basé sur les travaux des précédents W7 et enrichi des contributions d’activistes du monde entier, le Communiqué appelle les dirigeant·e·s du G7 à privilégier des réformes systémiques plutôt que des gestes symboliques. Le Communiqué présente des recommandations générales et des mesures politiques clés dans six domaines :
Il est particulièrement important de mentionner que l’introduction du communiqué souligne les génocides et conflits en cours dans le monde et la colère grandissante de la société civile face à l’inaction des gouvernements du G7 dans ces crises. Il dénonce l’augmentation des dépenses militaires et la multiplication des conflits et guerres d’agression, en mentionnant le génocide en Palestine et au Soudan, ainsi que les violations des droits humains en Afghanistan, en République démocratique du Congo, en Haïti, au Myanmar et la guerre en Ukraine.
Par ailleurs, le communiqué met en avant un féminisme intersectionnel en annonçant que les recommandations ont été formulées en prenant en compte différents facteurs d’identité, tels que : les femmes des communautés autochtones, noires et racisées, des communautés aux premières lignes du changement climatique, des femmes qui ont des handicaps visibles ou cachés, qui vivent dans des territoires occupés et colonisés, des femmes migrantes et immigrantes, des femmes réfugiées et apatrides, des travailleuses du sexe, des personnes non-binaires, trans et non-conformes au genre et des femmes trans, ainsi que les personnes jeunes.
Finalement, différentes solutions innovantes sont présentées à travers les six domaines structurant le communiqué, comme :
En conclusion, le communiqué du W7 presse les dirigeant·e·s du G7 de rejeter les agendas régressifs mondiaux et de défendre les droits fondamentaux des femmes, des filles et des personnes 2SLGBTQIA+ partout dans le monde.
Le rassemblement du Youth 7, permettant d’émettre des recommandations venant des jeunesses des pays du G7, a eu lieu du 5 au 9 mai. Il « vise principalement à faire en sorte que les discussions et les décisions politiques du G7 reflètent les besoins, les valeurs et les priorités des jeunes » (G7 Canada). Les axes de discussion ont été :
Dans un contexte d’érosion des droits au niveau mondial, nous espérons que la cinquième priorité s’est construite sur les recommandations du W7 afin de renforcer l’importance de la prise d’engagements des États du G7 envers l’égalité de genre et les droits humains.
Dans un premier temps, les communiqués du C7 et du W7 sont des outils précieux de plaidoyer auprès de nos personnes élues et représentant·e·s officiel·le·s. Loin d’être des documents utopiques, il s’agit de véritables feuilles de route, élaborées par des groupes de travail diversifiés et représentatifs des citoyens et citoyennes, non seulement des pays du G7 mais aussi du monde entier. Ils permettent de faire entendre nos voix et de défendre un monde résolument plus juste, durable et féministe. Voici quelques idées pour utiliser ces documents comme levier de changement :
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